Le district de Beyoğlu : Taksim, İstiklal, Galata et Cihangir

Visiter Istanbul : le district de Beyoğlu

Lors de votre séjour, vous ne pouvez pas passer à côté de la visite des quartiers qui composent le district de Beyoğlu. Surtout fameux pour la place de Taksim et la grande avenue piétonne d’İstiklal, Beyoğlu qui s’étend jusqu’à l’entrée de la Corne d’Or en face du pont de Galata est bien plus que cela.

Composé d’une grande variété et diversité de quartiers dont les plus connus sont Galata, Cihangir, ou encore Karaköy, cette zone est fondamentale dans l’histoire d’Istanbul. Symbole de la période faste de Constantinople, mais aussi du déclin d’Istanbul dans les années 90, elle est le thermomètre de la ville. Comprendre Beyoğlu, c’est comprendre l’histoire de la ville et son actualité.

L’un des premiers lieux qui rappelle l’importance de cette zone, est le quartier de Karaköy où vous trouverez l’imposante rue des Banques (Bankalar Caddesi) aux airs de Wall Street dont le symbole est l’ancien siège de la Banque Impériale Ottomane. Réalisé par le fameux architecte Alexandre Vallaury, cet imposant édifice à la façade néo-classique et néo-renaissance témoigne du passé glorieux de l’Empire.

La rue des Banques à Karaköy.

La rue des Banques à Karaköy.

Depuis les années 2000 sous l’impulsion de la fondation SALT, il accueille un passionnant musée sur l’histoire de la Banque et plus généralement de la finance à cette époque. Très bien documenté, c’est un voyage dans le temps, vous pourrez également découvrir les imposants coffres de l’époque (l’entrée est gratuite et l’édifice est ouvert tous les jours sauf le lundi). L’édifice est également un vrai lieu de vie, une bibliothèque fréquentée par les étudiants, un café, et des expositions temporaires continuent de perpétuer la vie de ce lieu si important et offre le visage d’un Istanbul jeune et dynamique.

Juste au-dessus de cette rue en empruntant les célèbres escaliers Camondo construits par la grande famille de banquier juive du même nom, on rejoint le quartier de Galata et sa fameuse tour. Édifiée par les Génois en 1348, elle remplit plusieurs fonctions tout au long de son existence : phare, poste d’observation pour lutter contre les incendies, et également une prison pour finir par être un observatoire astronomique. Aujourd’hui, vous pouvez y monter pour admirer un panorama à 360° sur la ville où l’immensité d’Istanbul fascine toujours.

Tour de Galata

Galata est l’une des zones les plus anciennes d’Istanbul, les premières traces d’habitations remontent plusieurs siècles avant J.C, mais la communauté qui a le plus marqué son histoire sont les Génois qui à partir de 1250 s’y sont installés et l’ont développé sur le modèle d’une ville occidentale. Situé à flanc de colline, le dédale des rues pavées, bordées par des hautes maisons en pierre lui donne un charme unique. Toujours peuplée par des habitants aisés, elle accueille par la suite une grande diversité de communautés dont beaucoup de Grecs et de Juifs, qui y appréciaient le bon vivre et la liberté accordée par l’Empire.

Après une forte période de déclin à partir des années 50, ce quartier connait à nouveau ses heures de gloire au début des années 2000, et est aujourd’hui prisé par les expatriés, les gens de la mode et du cinéma. Galata reste néanmoins un vrai quartier authentique, où toutes les composantes de la société turque sont réunies, à côtés des nombreux cafés, restaurants, magasins, et concept-stores, vous trouverez des petites échoppes locales, salons de thé turcs, et petits artisans qui rappellent la transformation de la zone à partir des années 1950.

A deux pas de la tour, l’une des plus belles rues est sans conteste celle de Serdar-I-Ekrem où la majorité des immeubles sont parfaitement rénovés et qui laisse entrevoir ce que pouvait être la vie ici. Pour profiter d’une vue spectaculaire sur la vieille ville, rendez-vous sur la terrasse de l’Hôtel Georges, tenu par Alex, un Franco-Turc qui a ouvert ce charmant boutique-hôtel il y a quelques années. C’est un endroit parfait et somptueux pour séjourner en couple.

La rue Serdar-I-Ekrem.

La rue Serdar-I-Ekrem.

Le symbole majeur de Beyoğlu, et l’un des symboles d’Istanbul est l’avenue piétonne d’İstiklal (avenue de l’Indépendance), longue de plus d’un kilomètre et parcourue chaque jour par plusieurs centaines de milliers de personnes. Cette avenue autrefois symbole de la bourgeoisie et du raffinement, abrite maintenant toutes les grandes marques internationales et turques, et en font un véritable temple de la consommation.

La grand avenue d'İstiklal.

La grand avenue d’İstiklal.

Malgré tout son charme n’a pas disparu : la beauté des édifices, les nombreuses ambassades, rappellent le passé glorieux de cette rue autrefois appelée Avenue de Pera. Un autre symbole d’İstiklal, et de son aura est le Lycée de Galatasaray qui est le seul lycée public francophone de Turquie. C’est également l’un des plus réputés, il fut fondé durant l’Empire ottoman et on y dispensait une éducation déjà très prisée.

La présence de nombreux édifices religieux sur İstiklal et sur les ruelles qui la jouxtent, rappelle le cosmopolitisme de Constantinople, et l’importance des religions. Parmi les plus connus, vous pouvez aller visiter l’Église Saint-Antoine-de-Padoue cachée derrière un portail en fer forgé, c’est l’une des plus grandes églises catholiques de la ville. Édifiée en 1913 dans le style néogothique italien, elle accueille différentes communautés catholiques.

L'Église Saint-Antoine-de-Padoue.

L’Église Saint-Antoine-de-Padoue.

Un autre symbole de cette avenue, qui rappelle les grandes heures d’İstiklal, et son importance dans le commerce sont les nombreux passages (petites galeries marchandes) qui la bordent. Le plus connu est probablement le Cicek Pasajı (le passage aux fleurs), célèbre passage de style rococo. Il accueille aujourd’hui un grand nombre de restaurants dont la qualité est moyenne, c’est très touristique, mais le passage est très beau. L’Atlas Pasajı, le Aznavur Pasajı ou encore le Hazzo Pulo Pasajı méritent également le détour.

L'entrée du Çiçek Pasajı.

L’entrée du Çiçek Pasajı.

Dans cette zone, pour se restaurer en particulier pour le déjeuner, évitez l’avenue d’İstiklal, et préférez les petites rues de Nevizade (juste derrière Istiklal) à côté du marché au poisson où allez manger un dürüm (wrap à la viande) à Dürümzade (voir article sur la street food) si vous voulez goûter de la bonne cuisine turque authentique, rendez-vous à Hacı Abdhullah (voir article d’autres spécialités).

Il y a quelques années, İstiklal et les petites ruelles qui l’entourent étaient également réputées pour une vie nocturne toujours trépidante. Cependant, alors qu’auparavant la fête était continue tout au long de la semaine, suite à des décisions politiques et aux tragiques événements de l’année 2016, c’est de moins en moins le cas, et les Stambouliotes préfèrent sortir dans des quartiers plus locaux comme Besiktaş, ou encore Kadıköy sur la rive asiatique.

Parallèle à İstiklal, en direction du Bosphore se trouve le quartier de Cihangir qui est un de nos préférés. C’est l’un  des quartiers à la mode depuis plusieurs années, il domine le Bosphore et offre un panorama exceptionnel sur la ville. Les stars de la télé turque ainsi que des gens influents du milieu de l’art, de la mode et du spectacle, ou encore les expatrié y résident. Ici une atmosphère différente règne, les cafés, bars et son art de vivre bohème lui donne des airs du Marais à Paris ou de Soho à New York. S’il fait beau, rendez-vous au bar-restaurant 5.Kat, où vous pourrez boire un café ou prendre un apéritif sur leur toit et admirer une magnifique vue.

Vue depuis le toit du restaurant 5.Kat.

Vue depuis le toit du restaurant 5.Kat.

C’est également un quartier très agréable pour passer la soirée, il ya plusieurs bars et restaurants très sympas, l’un de nos préférés est Demeti, qui propose des mezzés et du poisson dans un cadre chaleureux. À noter que ce restaurant possède aussi un petit balcon offrant une belle vue sur Istanbul. Pour boire un verre en soirée, nous conseillons les bars Geyik ou 21.

Un soir d'été devant le bar Geyik.

Un soir d’été devant le bar Geyik.

Juste à côté de Cihangir, un autre quartier absolument charmant est celui de Çukurcuma. Il est aujourd’hui connu comme le quartier des antiquaires, vous y trouverez absolument de tout, n’hésitez pas à marchander. Vous pouvez également aller visiter le Musée de l’innocence (« Masumiyet Müzesi ») ouvert depuis avril 2012. Le nom du musée est le titre d’un livre du célèbre écrivain turc Orhan Pamuk, il rassemble de nombreux objets dont il est question dans le récit.

Des antiquaires de Çurkurcuma.

Des antiquaires de Çurkurcuma.

La beauté et la diversité de ces différents quartiers témoignent du riche héritage laissé par les différentes communautés tout au long de l’histoire, c’est définitivement une visite à programmer pendant votre séjour.

Pour vous permettre de découvrir plus en profondeur une partie de ces quartiers, nous avons créé un itinéraire d’une journée qui vous plongera dans l’histoire, l’actualité et les contrastes de notre ville. Pour plus d’informations ,consultez notre article : une journée à la découverte des contrastes d’Istanbul.

Un commentaire

Partager

Laissez votre commentaire

Un commentaire