Visiter la zone de Karaköy

Visiter Istanbul : Karaköy 

En bas du district de Beyoğlu sur les bords du Bosphore et juste en face de vieille ville, se trouvent Karaköy et Tophane, deux quartiers qui en plus d’être parmi les plus anciens d’Istanbul, sont aussi parmi les plus intéressants à découvrir.

Karaköy est situé juste en face de la vieille ville, au pied du pont de Galata et en bas de la fameuse Tour du même nom. Il s’étend des bords de la Corne d’Or jusqu’au Bosphore. Les premières traces d’urbanisation remontent à l’Empire byzantin, c’est donc l’un des quartiers les plus historiques et importants de la ville. C’est aujourd’hui encore un condensé d’un Istanbul avec des populations différentes cohabitant les unes à côté des autres.

Dès le 13e siècle, sa situation géographique lui donne le  rôle primordial de centre portuaire et commercial de Constantinople. Peuplé à cette époque par les Génois, la zone se développe sur le modèle d’une ville italienne. Le port grandit rapidement et devient un des plus importants d’Europe. Il accueille tout au long de son histoire différentes communautés fuyant les guerres ou autres catastrophes, dont notamment les Juifs, les Grecs ou les Russes. C’était une zone commerciale, riche et très dynamique.

Le passage français de Karaköy.

Le passage français de Karaköy.

Ces différentes communautés ont laissé un héritage architectural et religieux indélébile dans ce quartier. La présence de nombreuses églises et synagogues attestent de ce passé cosmopolite mais aussi des libertés garanties par les Sultans aux différents groupes religieux.

L'église orthodoxe russe Saint-André.

L’église orthodoxe russe Saint-André.

Après avoir connu une période de déclin suite à la chute de l’Empire ottoman en 1923, l’ouverture en 2004 du Musée d’Art Moderne dans les anciens docks a redonné vie au quartier en le transformant radicalement pour en faire aujourd’hui un des centres culturel et artistique de la ville. C’est un beau musée à ne pas manquer si vous aimez l’art contemporain. L’entrée est de 72 TL, et il est fermé aux visiteurs le lundi. Le restaurant du musée est également très agréable pour se restaurer au bord du Bosphore (quand il n’y a pas les grands bateaux de croisière devant). Pour plus d’informations :www.istanbulmodern.org/en

Les ruelles jouxtant le le Musée d’Art Moderne se sont rapidement « bobohisées » et ont vu fleurir les galeries d’arts, cafés et restaurants qui côtoient les échoppes plus traditionnelles.

Une rue passante de Karaköy.

Une rue passante de Karaköy.

Toute une nouvelle population de jeunes stambouliotes se donne à présent rendez-vous ici pour boire un café ou travailler dans les nombreux concepts de bureau partagés. C’est un quartier peu résidentiel dans lequel la vie se déroule tranquillement sur les charmantes terrasses du quartier.

Le graffiti, véritable art dans le quartier de Karaköy.

Le graffiti, véritable art dans le quartier de Karaköy.

Le street-art est un phénomène mondial auquel Istanbul n’a pas échappé et particulièrement Karaköy. Depuis maintenant plusieurs années, des streets-artistes turcs se sont fait une réputation et réalisent leur art librement dans les rues de la ville et sur les devantures des commerces de façon rémunérée. Certaines ruelles donnent l’impression d’être des galeries en plein-air.

La jeunesse stambouliote après une sortie de bureau dans le quartier de Karaköy.

La jeunesse stambouliote après une sortie de bureau dans le quartier de Karaköy.

Karaköy est aussi l’un des lieux incontournables de la nuit stambouliote. Les soirs de weekend, c’est très vivant et parfait pour faire la fête jusqu’au petit matin dans les clubs comme Mitte, Müdavim, ou encore Suma Han. Vous pouvez retrouver certaines bonnes adresses dans nos articles : les petits déjeuners (ou brunch) et où sortir à Beyoğlu.

L’autre partie de Karaköy, du côté de la Corne d’Or en bas de la Tour de Galata s’est particulièrement développée au 19e siècle en devenant le centre financier de l’Empire ottoman sous l’impulsion des grandes familles issues des communautés juives. Il devient rapidement une place forte de la finance mondiale, un Wall Street Ottoman.

La rue des Banques à Karaköy.

La rue des Banques à Karaköy.

Vous pourrez voir le cœur de ce centre financier en vous rendant sur la rue Bankalar Caddesi (« rue des Banques ») où vous découvrirez les imposants sièges des grands établissements bancaires et d’assurances.

Sur cette rue, vous trouverez également ces fameux escaliers qui portent le nom de Camondo, construits par la famille des banquiers de la Cour ottomane pour rejoindre leurs appartements situés au pied de la Tour de Galata.

Les escaliers Camando, situés entre Galata et Karaköy.

Les escaliers Camando, situés entre Galata et Karaköy.

Pour les plus intéressés par la finance mondiale, l’ancien immeuble de la Banque Centrale Ottomane est à présent la propriété de la fondation Salt Galata et abrite le Musée de la Banque Ottomane.

En bas de la rue des Banques, au bord de la Corne d’Or, cette partie de la ville a été délaissée par les communautés et s’est progressivement peuplée de Turcs issus de la classe populaire qui ont ouvert des centaines de petits magasins d’outillage en tous genres donnant au quartier l’apparence d’une brocante à ciel ouvert.

Des commerçants du quartier de Karaköy.

Des commerçants du quartier de Karaköy.

Le quartier de Karaköy est très étendu et il présente de multiples facettes. En plus de son riche passé, il est aujourd’hui une bonne synthèse de la vie stambouliote alliant tradition et modernité.

Juste au-dessus de Karaköy, le quartier s’est développé après la prise de Constantinople par les Ottomans. Ils y installèrent une grandefo nderie de canon (« Tophane-I-Amire ») sous le règne du Sultan Mehmet II le Conquérant (le Sultan ayant conquis Constantinople).

Le centre culturel de Tophane-i-Amire de l'université des beaux-arts Mimar Sinan.

Le centre culturel de Tophane-i-Amire de l’université des beaux-arts Mimar Sinan.

Cette fonderie est le point de départ de ce quartier dont la fonction était la production et le stockage de l’arsenal de l’empire. Tophane signifie littéralement « dépôt de boulets de canons ».  C’est un bâtiment d’un style architectural typiquement ottoman qui appartient aujourd’hui à l’école des beaux-arts Mimar Sinan, il abrite également un centre d’exhibition qui a accueilli des expositions d’artistes comme Dali, Michel Ange, Leonardo et bien d’autres.

Enclavé au milieu des quartiers peuplés majoritairement par les communautés non musulmanes (comme Karaköy), Tophane était composé majoritairement de Turcs originaires des provinces de l’Empire à la recherche de travail. C’était un bastion turc visant à rappeler aux Latins la puissance et la domination de l’Empire.

Vous verrez d’ailleurs plusieurs mosquées, dont une particulièrement intéressante, celle de Nusretiye qui fut construite en 1825 par Kirkor Baylan. Les Balyan étaient une grande famille d’architectes arméniens qui ont servis les Sultans pendant près d’un siècle. Leurs ouvrages se caractérisent par une influence baroque très prononcée.

Les rues étroites de Tophane.

Les rues étroites de Tophane.

Bien qu’en développement, c’est un quartier qui reste populaire et conservateur. La vie nocture y est d’ailleurs quasiment inexistante. En revanche, une vie de quartier existe, les journées les rues sont animées et bruyantes, rythmées par les cris des vendeurs de rues.

C’est sur sa rue principale,  la Bogazkesen Caddesi, que vous ressentirez la transformation du quartier. Vous y découvrirez des petites galeries d’arts, magasins designs et des restaurants cohabitant avec d’autres établissements beaucoup plus traditionnels. Le mélange de d’une population conservatrice avec une population artiste est saisissant et la cohabitation se déroule plutôt bien.

En bas de Tophane, se trouve le complexe historique et religieux de Kılıç Ali Paşa construit par le plus grand architecte ottoman, Sinan. Ce complexe comprend une mosquée, une fontaine et un magnifique hammam datant de 1583, le Kılıç Ali Paşa Hamamı.  L’endroit, rénové en 2014, est l’un des plus beaux hammams d’Istanbul, et les soins prodigués sont de bonne qualité.

Archive photo de Tophane, Istanbul.

Archive photo de Tophane, Istanbul.

Nous vous déconseillons en revanche de vous rendre dans les petits narguilés entre le complexe et le musée d’art moderne, ils sont très touristiques, et certains commerçants ne sont pas très honnêtes.

La visite de cette zone vous apportera un nouvel éclairage sur la ville et son histoire. Vous pourrez également prendre conscience du développement culturel et artistique d’Istanbul tout en vous rappelant à chaque coin le passé très riche de cette partie d’Istanbul.

Si vous souhaitez découvrir plus en profondeur une partie de ces quartiers, tout en découvrant l’histoire, l’actualité et les contrastes de notre ville, nous vous conseillons de participer à notre journée sur les contrastes d’Istanbul.

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  1. je voudrais connaître à quel débarquement ( le nom et l’endroit exact) s’amarrent les paquebots venant de ports étrangers
    Merçi